Québécois: mots et expressions

101 termes et tournures pour mieux s'intégrer au Québéc

Quebec Enfant

Si tu parles anglais, tu comprends sûrement le parler québécois mieux que certains Français ! Même si les différences entre le français dit de France et le français québécois sont surtout dans la prononciation, de nombreux mots québécois et expressions québécoises sont clairement des anglicismes ou des spécialités locales.

Le français parlé aujourd'hui au Québec est le résultat d'un mélange de français classique, importé en Amérique du Nord par les colons français au 16ème siècle, et d'influences anglo-américaines et amérindiennes. Cette richesse se retrouve autant dans le vocabulaire québécois que dans les expressions québécoises du quotidien.

Pendant ton séjour au Québec, tu entendras un vocabulaire très spécifique au français canadien. La langue utilisée par les Québécois reflète à la fois leur ouverture sur le monde et leur profond attachement à leurs racines. Entre un mot québécois surprenant et une expression québécoise imagée, tu remarqueras vite à quel point le parler local a sa propre personnalité.

Attention aux faux amis ! Un mot québécois familier à Montréal peut faire sourciller à Paris, et l'inverse est tout aussi vrai. Certaines expressions québécoises jouent sur l'humour, la religion ou le sport ; d'autres viennent de la nature, de la famille ou de la vie de quartier. Comprendre le contexte t'évitera bien des malentendus, surtout si tu travailles, étudies ou voyages au Québec.

Cet article te propose 101 entrées classées en deux grandes familles : le vocabulaire du quotidien et les tournures plus longues qu'on emploie dans une vraie conversation québécoise. Pour chaque mot et chaque expression, tu peux écouter la prononciation québécoise en cliquant sur l'icône haut-parleur à côté de la transcription phonétique. C'est un excellent entraînement avant de te lancer dans un échange avec des Québécois.

Voici une liste de mots et expressions typiques de nos cousins québécois — 54 mots québécois et 47 expressions québécoises pour parler plus naturellement au Québec. Chaque mot et chaque expression est présenté avec une traduction en français de France, une prononciation québécoise et une brève explication. Mais d'abord, commence à apprendre le français dès maintenant pour profiter au maximum de ton séjour au Québec ou de tes cours ! Traducteur & Dictionnaire Français + de Vidalingua est l'une des meilleures applis pour apprendre le français, avec des dictionnaires complets, des conjugaisons, un traducteur en temps réel et bien plus. Télécharge-la gratuitement sur l'App Store et sur Google Play.

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54 Mots québécois et leur traduction française


Les mots québécois ci-dessous couvrent le vocabulaire de tous les jours au Québec. Pour chaque mot, tu trouveras la traduction en français de France, la prononciation québécoise et une note sur l'origine ou le contexte d'usage.

achaler
/aʃale/
ennuyer, importuner
Ce verbe provient probablement du verbe "chaloir" qui voulait dire "importuner de façon excessive" en vieux dialecte normand.

une babiche
/babɪʃ/
une raquette à neige
Ce mot provient du terme algonquien "ababich" qui signifie corde et correspond à un type de corde traditionnelle fabriquée par les peuples autochtones amérindiens à partir de lanières de cuir de wapiti ou de cerf.

une bibitte
/bibit/
une bébête
Ce mot est sans aucun doute un dérivé du mot français "bébête" pour parler d'un insecte, mais transformé par la prononciation typiquement québécoise. Il peut aussi être un dangereux faux-ami !...

une binne
/bin/
une fève, un haricot
Ce mot québécois est un anglicisme qui provient directement du mot anglais "bean".

bienvenue
/bjɛ̃vəny/
de rien/avec plaisir/pas de quoi
Ce mot provient directement de la traduction française de l'expression "You are welcome" utilisée par les anglophones dans ce contexte spécifique.

les bobettes
/bɔbɛt/
une culotte, un slip (bref, un sous-vêtement)
L'origine de ce mot québécois est très mystérieux. L'hypothèse la plus vraisemblable est qu'il viendrait du verbe anglais "to bob" qui signifie "danser, s'agiter, se balancer", auquel les Québécois auraient ajouter le suffixe "ette" pour créer ce mot.

la boîte à malle
/bwat a mal/
la boîte aux lettres
Ce mot provient d'une traduction littérale puis fancisée du mot anglais "mailbox". Le mot "mail" s'étant petit à petit transformé en "malle" avec la parlure québécoise.

la boucane
/bukan/
la fumée
Ce mot vient du verbe "boucaner" qui signifie exposer de la viande ou du poisson à la fumée pour les conserver en les faisant sécher.

un caribou
/kaʁibu/
un renne
"Caribou" viendrait du mot indien "xalibu", qui signifie "celui qui se sert de ses sabots comme d'une pelle". En effet, le caribou gratte la neige avec ses pattes pour trouver de la nourriture dessous.

une champlure
/ʃɑ̃plyʁ/
un robinet
Ce mot québécois vient certainement du mot "chantepleure" qui était une sorte d’entonnoir avec un long tuyau percé de trous pour faire couler les liquides dans un tonneau ou une cuve.

un char
/ʃaʁ/
une voiture
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce terme ne provient pas de l'anglais "car" mais fait référence à une voiture romaine à deux roues attelée à des chevaux, de la même racine que "charrue", "chariot" ou encore "charrette".

un chaudron
/ʃodʁɔ̃/
une casserole ou une marmite
Les Québécois continuent à utiliser ce mot pour parler d'un récipient dans lequel on fait chauffer de l'eau ou un aliment.

un chien-chaud
/ʃjɛ̃ ʃo/
un hot dog
Une traduction littérale de cet aliment typiquement nord-américain.

un chum
/tʃœm/
un pote, un mec
Ce terme est un anglicisme qui vient du même mot anglais "chum".

un clavardage
/klavaʁdaʒ/
un chat (sur internet)
Ce terme est un mot-valise d'origine purement québecoise composé des mots "clavier" et "bavardage".

un cotteur
/kɔtœʁ/
un trottoir
Ce terme désigne la bande de béton d'environ 10 cm de large bordant les rues donc "à côté" de la route.

une débarbouillette
/debaʁbujɛt/
un gant (de toilette)
Ce mot provient du verbe "débarbouiller".

le dépanneur
/depanœʁ/
l'épicerie du coin
Ce terme est utilisé pour parler d'un petit magasin offrant toute sorte d'articles de nécessité et ouvert plus tard que les autres. Il peut donc "dépanner" tout au long de la journée.

des espadrilles
/ɛspadʁij/
des tennis, des baskets
Ce terme provient d'une confusion avec les premières chaussures de tennis en toile.

la facture
/faktyʁ/
l'addition (au restaurant) ou le reçu (achat)
Au-delà de la signification ordinaire, les Québécois utilisent ce mot pour tout document qui indique un prix (service, marchandise, etc).

fortiller
/fɔʁtije/
gigoter
Ce mot serait le résultat d'un croisement entre les verbes frétiller et tortiller.

les foufounes
/fuʒun/
les fesses
Un faux ami qui peut entraîner des quiproquos très embarassants !

frencher
/fʁɛnʃe/
rouler une pelle
Ce verbe provient du verbe anglais "to french kiss".

frette
/fʁɛt/
très froid (moins 20°C et au-dessous)
L'origine de ce mot est probablement le vieux français "freid", qui est ensuite devenu "froid". Il se réfère généralement à la température extérieure.

gazer
/ɡaze/
mettre de l'essence
Ce verbe est la version francisée du verbe anglo-américain "to gas up" qui signifie faire le plein d'essence. Verbe provenant lui-même du mot 'gas' que les Américains utilisent pour "essence".

gazer
/ɡaze/
péter
Il est facile de comprendre l'origine de ce mot québécois puisque l'on dit aussi "avoir des gaz" en français de France. Oui, comme vous l'aurez remarqué, le parler québécois est souvent sans détour !

les gosses
/ɡɔs/
les couilles
Un autre faux ami qu'il vaut mieux connaître pour éviter des situations très gênantes...

un ivressomètre
/ivʁɛsɔmɛtʁ/
un éthylotest ou éthylomètre
L'éthylotest mesure le taux d'éthanol (ou alcool éthylique) dans le sang. Bref, il mesure si une personne est en état d'ivresse. Pourquoi se compliquer la vie ?!

une jambette
/ʒɑ̃bɛt/
un croc-en-jambe, un croche-pied, un croche-patte
La jambette est un terme souvent relatif au sport pour parler d'un jeu de "jambes" destiné à déstabiliser l'adversaire.

une laveuse
/lavøz/
un lave-linge
Ce terme est une traduction directe du mot anglais "washer">.

un linge
/lɛ̃ʒ/
une serpière, un chiffon, linge de maison
Pour les Québécois, le terme "linge" sert plutôt à parler de tissus utilisés pour la maison.

une liqueur
/likœʁ/
un soda
Dangereux faux-ami ! Au Québec, les enfants boivent des liqueurs, c'est-à-dire des boissons gazeuses sucrées.

le magasinage
/maɡazinaʒ/
le shopping
Ce terme provient du substantif "magasin" et il est construit de la même façon que le mot anglais "shopping" sur la base du verbe "to shop".

un maringuouin
/maʁɛ̃ɡwɛ̃/
un moustique
Les colons français ont emprunté le terme "maringuouin" à la langue tupi, d'un peuple indigène du Brésil, au 16ème siècle. Il est toujours utilisé par les Québécois même si le mot "moustique" gagne du terrain.

une pinotte
/pinɔt/
une cacahuète
Ce mot provient directement du mot anglais "peanut". Comme en anglais et en français, le mot "pinotte" au pluriel signifie de faible valeur.

PQ
/pe ky/
Parti Québécois
Absolument rien à voir avec le papier toilette.

un robeur
/ʁɔbœʁ/
un pneu
Ce terme est un anglicisme provenant du mot anglais "rubber" qui signifie "caoutchouc".

un siffleux
/siflø/
une marmotte
Puisque les marmottent sifflent pour prévenir la colonie d'un danger.

tabarnak
/tabaʁnak/
équivalent de putain
"Tabarnak" est la contraction du mot "tabernacle". Comme la plupart des jurons québécois, il est blasphématoire. On l'utilise comme le mot "putain" en français de France. Il exprime donc des sentiments forts comme la frustration, la colère, l'énervement ou même la surprise.

tiguidou
/tiɡidu/
génial, super, trop bien
Ce terme est une pure création québécoise à l'origine obscure. La théorie la plus plausible est celle d'une variante de l'expression écossaise "tickety-boo" qui signifie "aller lentement, mais sûrement".

les vidanges
/vidɑ̃ʒ/
les déchets/ordures/poubelles
Si l'on vous demande de sortir les vidanges, on ne parle pas de votre voiture !

niaiser
/njɛze/
plaisanter, chicaner, perdre son temps
Ce verbe québécois couvre tout, des taquineries entre amis aux discussions futiles. "Arrête de niaiser !" signifie souvent "arrête de plaisanter" ou "arrête de me faire perdre mon temps".

plate
/plat/
déprimé·e, triste, avoir le blues
Au Québec, dire "Je me sens plate" ne veut pas dire que l'on est plat physiquement, mais plutôt qu'on manque d'énergie ou de moral.

pogner
/pɔɲe/
attraper, obtenir, comprendre
Très polyvalent au Québec : "J'ai pogner un rhume", "T'as pogner le sens ?", "Pogne-moi ça !". Un mot du quotidien qu'on entend partout.

une tuque
/tyk/
un bonnet, une casquette d'hiver
Symbole quasi national du Québec, la tuque se porte dès que la température chute. Le mot vient probablement de l'espagnol "touca" ou d'une forme ancienne du français.

jaser
/ʒɑze/
bavarder, papoter, discuter longuement
"Venir jaser un peu" veut dire passer prendre des nouvelles en causant. C'est un mot chaleureux, très présent dans la vie de quartier québécoise.

croustille
/kʁustij/
des chips (de pommes de terre)
Anglicisme francisé de "crisp". Au Québec, on mange des croustilles, pas des chips — même si le mot "chips" gagne du terrain chez les jeunes.

une blonde
/blɔ̃d/
une copine, une petite amie
Attention au contexte ! "Ma blonde" désigne la conjointe ou la petite amie, pas nécessairement une personne aux cheveux blonds. L'équivalent masculin, c'est souvent "mon chum".

icitte
/isit/
ici
Prononciation québécoise typique de "ici", avec le "t" final bien audible. "Viens icitte !" est une invitation très courante.

pantoute
/pɑ̃tut/
pas du tout
"Je comprends pantoute" signifie "je ne comprends pas du tout". La négation québécoise a parfois sa propre logique !

un breuvage
/bʁøvaʒ/
une boisson
Mot plus ancien que "boisson" dans l'usage québécois courant. "Un breuvage chaud" en hiver, "un breuvage gazeux" au dépanneur — très naturel au Québec.

chauffer
/ʃofe/
conduire (une voiture)
Faux-ami redoutable ! "Je chauffe ma blonde au cinéma" veut dire conduire, pas réchauffer qui que ce soit. Sens très québécois du verbe.

un guichet
/ɡiʃɛ/
un guichet automatique (ATM)
Au Québec, "aller au guichet" signifie retirer de l'argent à un distributeur. En France, un guichet est surtout le comptoir d'une gare ou d'un bureau.

magouille
/maɡuj/
combine, trucage, magouille
"Y'a de la magouille" signifie qu'il y a quelque chose de louche, de pas tout à fait réglo. Mot très imagé du parler populaire québécois.


47 Expressions québécoises et leur équivalente française


Les expressions québécoises qui suivent sont souvent plus imagées que les mots isolés. Chaque expression québécoise est accompagnée de son équivalent en français de France, de sa prononciation et d'une note sur le ton ou la situation où on l'entend au Québec.

attendre que le curé se mouche
/atɑ̃dʁ ke lə kyʁe sə muʃ/
prendre son temps

avoir de la broue dans le toupet
/avwaʁ də la bʁu dɑ̃ lə tupɛ/
être sous l'eau (complètement débordé·e)

avoir de l'eau dans la cave
/avwaʁ də lo dɑ̃ la kav/
avoir le feu au plancher

avoir la fly à l’air
/avwaʁ la flaj a lɛʁ/
avoir la braguette ouverte
Une expression bien plus explicite en québécois qu'en français de France !

avoir du front tout le tour de la tête
/avwaʁ dy fʁɔ̃ tu lə tuʁ də la tɛt/
avoir du culot

avoir de la mine dans le crayon
/avwaʁ də la min dɑ̃ lə kʁɛjɔ̃/
être un chaud lapin

avoir une montée de lait
/avwaʁ yn mɔ̃te də lɛ/
avoir la moutarde qui monte au nez

avoir un pain au four
/avwaʁ ɛ̃ pɛ̃ o fuʁ/
avoir un polichinelle dans le tiroir
Cette expression québécoise est la traduction litérale de la version anglophone "to have a bun in the oven".

avoir son voyage
/avwaʁ sɔ̃ vɔjaʒ/
être à bout de nerfs

avoir les yeux dans' graisse de binnes
/avwaʁ le jø dɑ̃ ɡʁɛs də bin/
être dans le coaltar (alcool ou fatigue)
Le mot "binne" signigie "fève" ou "haricot". Ce mot québécois est un anglicisme qui provient du mot anglais "bean".

baiser le cul du diable quand il est frette
/bɛze lə kyl dy djabl kɑ̃ il ɛ fʁɛt/
battre le fer tant qu'il est chaud
Comme tu peux le remarquer, le parler québécois fait souvent allusion à la religion.

ça vient de s'éteindre
/sa vjɛ̃ də sɛtɛ̃dʁ/
point barre

caller l'orignal
/kale lɔʁiɲal/
avoir la gueule de bois

se calmer le pompon
/sə kalme lə pɔ̃pɔ̃/
garder la tête froide

cogner des clous
/kɔɲe de klu/
lutter contre le sommeil

courir la galipote
/kuʁiʁ la ɡalipɔt/
courir le jupon
Cette expression vient probablement du verbe anglais "to gallivate" qui signifie aller d'un endroit à l'autre à la recherche du plaisir et du divertissement.

donner son 4% à quelqu'un
/dɔne sɔ̃ katʁ pʁɑ̃sɑ̃ a kɛlkɑ̃/
licencier quelqu'un
Cette expression québécoise fait référence à l'indemnité de 4% de son salaire annuel que l'employé reçoit lors de son licenciement.

être vite sur ses patins
/ɛtʁ vit syʁ se patɛ̃/
démarrer au quart de tour
Une expression évidente au pays du hockey sur glace.

faire du pouce
/fɛʁ dy pus/
faire de l'auto-stop
Le parler québécois est souvent très pragmatique !

faire du train
/fɛʁ dy tʁɛ̃/
faire du boucan

se faire prendre pour une valise
/sə fɛʁ pʁɑ̃dʁ puʁ yn valiz/
être pris pour un jambon

se fendre le cul
/sə fɑ̃dʁ lə kyl/
se casser le cul

franchement Armand
/fʁɑ̃ʃmɑ̃ aʁmɑ̃/
c'est abusé, sans déconner
Une expression certainement construite comme "roule Raoul".

niaiser avec le puck
/njɛze avɛk lə pɔk/
tourner autour du pot
Une autre expression évidente au pays du hockey sur glace !

osti de câlisse de ciboire de tabarnak
/ɔsti də kalis də sibwaʁ də tabaʁnak/
nom de dieu de bordel de merde
Une expression québécoise hautement blasphématoire qui correspond à "hostie de calice de ciboire de tabernacle", avec une prononciation québécoise. Chaque mot de cette expression fait référence aux rites chrétiens.

ne pas lâcher la patate
/nə pa lɑʃe la patat/
tenir bon

se paqueter la fraise
/sə pakte la fʁɛz/
se bourrer la gueule

parler à travers son chapeau
/paʁle a tʁavɛʁ sɔ̃ ʃapo/
parler à tort et à travers
Cette expression québécoise est la traduction littérale de la version anglophone "to talk through one's hat".

passer la nuit sur la corde à linge
/pase la nɥi syʁ la kɔʁd a lɛ̃ʒ/
passer une nuit blanche

péter au frette
/pete o fʁɛt/
clamser, claquer (quand on est débordé·e)

péter de la broue
/pete də la bʁu/
se la péter

se pogner le bacon
/sə pɔɲe lə bekɔ̃/
se branler la nouille, glander

tomber en amour
/tɔ̃be ɑ̃ namuʁ/
tomber amoureux
Cette expression est la traduction littérale de la version anglophone "to fall in love".

tomber des peaux de lièvre
/tɔ̃be de po də ljɛvʁ/
neiger abondamment

avoir l'estomac dans les talons
/avwaʁ lɛstɔma dɑ̃ le talɔ̃/
avoir très faim
Image frappante et très québécoise : l'estomac est si vide qu'il remonte jusqu'aux talons.

être sur la brosse
/ɛtʁ syʁ la bʁɔs/
être ivre
Expression colorée du Québec. On dit aussi "prendre une brosse" pour boire un coup de trop.

avoir les deux pieds dans la même bottine
/avwaʁ le dø pje dɑ̃ la mɛm bɔtin/
manquer de jugeote, être maladroit·e

ça prend pas la tête à Papineau
/sa pʁɑ̃ pa la tɛt a papino/
c'est simple, c'est évident
Référence au célèbre homme politique québécois Louis-Joseph Papineau. Une façon imagée de dire que quelque chose ne demande pas réflexion.

être né pour un petit pain
/ɛtʁ ne puʁ ɛ̃ pəti pɛ̃/
avoir peu d'ambition, viser bas

se garrocher
/sə ɡaʁɔʃe/
se dépêcher, se précipiter
"Garroche-toi, on va être en retard !" — verbe très québécois, issu probablement d'une forme régionale de "s'engager" ou "se jeter".

c'est le fun
/sɛ lə fœn/
c'est amusant, c'est super
Anglicisme intégré au parler québécois. "Le party était le fun !" est une phrase que tu entendras souvent entre amis.

être ben correct
/ɛtʁ bɛ̃ kɔʁɛkt/
c'est bien, c'est OK, pas de problème
Le "ben" québécois remplace souvent "bien" à l'oral. "T'es ben correct" peut aussi vouloir dire "tu es une bonne personne".

avoir ben de la gueule
/avwaʁ bɛ̃ də la ɡœl/
avoir fière allure, être stylé·e

être sur la coche
/ɛtʁ syʁ la kɔʃ/
être ponctuel·le, être à l'heure

être dans le bois
/ɛtʁ dɑ̃ lə bwa/
être perdu·e, ne plus s'y retrouver
Peut aussi signifier être endetté·e ou dans une mauvaise passe financière, selon le contexte.

caller ben fort
/kale bɛ̃ fɔʁ/
jurer, sacrer à pleins poumons
"Caller" ici veut dire crier ou lancer des jurons. Très québécois, surtout quand quelqu'un est en colère.

avoir ben hâte
/avwaʁ bɛ̃ ɑt/
avoir très envie, avoir hâte
"J'ai ben hâte de tes vacances !" exprime une impatience joyeuse, typique du registre familier québécois.


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En pratiquant ces mots et ces expressions québécoises à voix haute, tu retiendras plus vite le parler québécois. Réutilise chaque expression dans une vraie conversation, et reviens consulter d'autres expressions quand tu en entends une nouvelle au Québec.

Au-delà de cette liste, le meilleur moyen de progresser reste d'écouter les Québécois parler entre eux : podcasts, séries, radio ou simples discussions au dépanneur du coin. Repère les mots québécois que tu reconnais, note les expressions québécoises qui reviennent souvent et n'aie pas peur de poser des questions. Les locaux·ales apprécient généralement l'effort, même si ta prononciation n'est pas encore parfaite.

Que tu prépares un voyage à Montréal, un échange à Québec ou un cours de français canadien, ces 101 mots et expressions te donnent une base solide pour suivre une conversation québécoise sans rester muet·te. Avec le temps, le parler local deviendra de moins en moins mystérieux — et beaucoup plus amusant à pratiquer.

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À tantôt !
Christine Ducos-Restagno

Christine Ducos-Restagno
Linguiste langue française
VidaLingua



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